samedi 12 décembre 2009

Umoja : l'afrique noire, haute en couleurs

Umoja, the Spirit of Togetherness

La troupe, colorée, souriante, survoltée.

Pas plus tard qu'il y a trois petites heures, je suis rentré de la maison de la danse Lyon, où j'ai assisté à Umoja, le fabuleux spectacle de danse créé par Todd Twala et Thembi Nyandeni, deux africaines ayant grandi dans les banlieues pauvres de Johannesburg. D'abord brimées par les lois contre les noirs, elle peuvent par la suite donner libre cours à leur imagination, dans les années 70. Après plusieurs années, ce spectacle se produit, en 1982, sous le nom "Pals of Africa" en Afrique du Sud et dans les pays voisins. Puis il change de nom : "Baobab", jusqu'en 2000, où il est même joué au président de la Chine, en visite en Afrique du Sud. Enfin, en 2001 il se renomme "Africa Umoja" (Umoja signifie "ensemble" en zulu), et se produit partout dans le monde, notamment à Londres, où il restera 2 ans à l'affiche.

J'avais vu quelques extraits sur internet, qui m'avaient convaincu d'aller le voir : des costumes magnifiques et colorés, des musiques entrainantes, comme on en entend souvent venues d'Afrique, et des danseurs excellents.

Les danses de "Tribal" très impressionnantes aux sons des tambours

Et je n'ai pas été déçu !
Le spectacle se déroule en deux actes, et contient huit époques différents, apparaissant dans l'ordre chronologique, et liées par l'histoire qu'un vieil homme nous conte. La première scène nous replonge dans les images de l'Afrique sauvages que nous ne voyons que dans des documentaires sur france 5 : des tenues de guerriers, des tambours aux sons puissants qui vous prennent au cœur, et vous impressionnent autant qu'ils vous donnent envie de danser. Et puis on enchaine : les migrations des gens dans les villes, pour gagner de l'argent, jusqu'à la naissance du Gospel, tout en passant par le travail aux mines, et les problèmes de Sida.

L'explosion du Gospel au début des années 70

Niveau paroles, vous n'y comprendrez rien, à moins de parler le Zulu ou le Xhosa. Mais la musique vous prend au tripe : les voix haut-perché des femmes, auxquelles viennent s'ajouter les puissants graves des hommes. Chanter à plus de 20, ce n'est pas chose aisée, mais quand ça fonctionne, comme ici, je peux vous dire que ça ne laisse personne indifférent. On se laisse transporter à travers les époques avec une facilité déconcertante et, à la fin, quand on assiste à un véritable medley de tous les costumes que l'on a vu défiler à travers le spectacle, on ressent presque une pointe de nostalgie. On se dit que l'Afrique possède une culture musicale géniale, et on a envie d'aller gueuler un bon coup au sommet de Copenhague pour ne plus laisser crever des gens d'une telle trempe.

A la sortie, j'ai foncé acheter le CD de la troupe, et je ne suis pas déçu : toutes les chansons y sont, avec une qualité plus que bonne, de quoi se replonger dans les émotions du show. J'y retournerais avec plaisir. C'est exactement ce dont on a besoin pour se remonter le moral, avec les journées froides et grises qui nous attendent : des gens survoltés, habillés aux couleurs chaudes, qui nous donnent envie de les rejoindre sur scène pour danser avec eux.

Je le conseille à tout le monde, vraiment !

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